Mercredi, 08 Février 2012 08:33

L'activité physique chez les greffés : des bienfaits méconnus

Olivier COUSTERE, transplanté rénal, Directeur-Fondateur de Trans-Forme (www.trans-forme.org) et Président de World Transplant Games Federation (www.wtgf.org).

La greffe. Pour la plupart d’entre nous, ce mot signifie assez peu de choses finalement. Une lourde opération chirurgicale, pour le malade comme pour les chirurgiens. Un don généreux pour la vie. Mais après ? Combien d’entre nous réalisent quel parcours du combattant attend le nouveau greffé, à présent lancé dans une reconquête de sa vie sociale, professionnelle et psychologique?

Le constat est dressé par les greffés, le personnel médical, les associations, d’un manque d’information relative aux bienfaits de la pratique physique et sportive, lors des consultations post-greffe notamment.
Or, au cours de la maladie chronique, un entraînement physique est souvent l'allié précieux de la
médecine pour prévenir, retarder ou améliorer les problèmes ostéo-articulaires, cardio-vasculaires,
respiratoires, neurologiques et musculo-tendineux.
Mais trop peu de moyens y sont aujourd’hui consacrés en unités de transplantation, et cet aspect
n’est que rarement prévu au sein des protocoles de suivi post-greffe; Il n’existe que peu ou pas
d’informations auprès des patients, pas de prescription d’exercices physiques ou d’entretien gymnique
« dès le lit d’hôpital ».
Pourtant c'est prouvé, l'exercice physique est une véritable thérapie auxiliaire pour le greffé, qui se
réapproprie ainsi son corps après la greffe. Les vertus de l'activité physique sont multiples et connues.
La pratique sportive est un jeu, une façon de se dépasser, de réapprendre à se connaître et un
formidable outil pour dépasser ses limites, ou pour simplement un reconditionnement physique
plus rapide et de qualité.
 
Face à tant d’opportunités qu’offrent le reconditionnement, la réadaptation à l’effort, voire la
pratique d’une activité physique régulière et autonome, pourquoi tant de freins en consultation?
Les praticiens de transplantation tous organes doivent être mieux informés afin de favoriser
leur passage à l’acte de la prescription d’une réadaptation à l’effort ou d’une activité physique et sportive.
 
Il s’agit également de sensibiliser les éducateurs (sportifs) aux spécificités mais aussi aux normalités de la pratique sportive des greffés, pour rassurer ces éducateurs et pour faciliter l’intégration des greffés au sein de structures sportives dites « normales ». Les transplantés d’organes, compte tenu du succès de cette thérapie, aspirent même aujourd’hui à intégrer les structures sportives traditionnelles. Or, du fait d’un certain nombre de « réticences » rencontrées, ou à une inquiétude de principe, généralement fondée sur une certaine ignorance, les sportifs transplantés et dialysés ont à ce jour un accès difficile aux clubs sportifs traditionnels. Le droit au sport « normal » ne devrait pas être laissé à la libre appréciation aléatoire de tel ou tel éducateur.
 
La pratique d’une activité physique – tenant compte des spécificités individuelles – est un
premier pas sur le long chemin de la réappropriation d’une vie normale.